Musicabulle

Muse

27 octobre 2006, Palacio de Deportes, Madrid

Comme prévu, le trio fait son apparition sur scène sur Take a bow, qui met en alerte nos ouïes. Le son électronique est à apprécier à sa juste valeur, et Dom apparaît après quelques minutes par l'ouverture d'un écran géant en forme de bulle. Les applaudissements vont bon train. La chanson s'efface sur le début de la bombe Hysteria. Matthew s'emballe un peu sur sa guitare et les écrans géants latéraux commencent à produire des images intéressantes et de qualité. Le public est encore sous le choc. Après un moment de tension, ce sont les premières notes de l'emblématique Butterflies and Hurricanes, représentatif de l'ambivalence omniprésente du groupe, qui permettent de démarrer réellement le concert. A son piano blanc, Matthew est un autre, sa dextérité me laisse bouche bée. Après quoi, le dernier album revient dans le show avec le très sonnant Map of the problematique, qui offre à Dom tout le moyen de démontrer son talent. Les rythmes sont identiques à ceux de Queen à leurs débuts, le son de la basse résonne, et le public danse. Rien de tel pour reprendre par la suite une version de New born plus parfaite que jamais. Le public est aux anges, et mon cœur bat à mille à l'heure. Le solo de guitare est à la hauteur de celui d'Earl's Court, les doigts de Matthew courrent sur le manche de l'instrument. A ce moment-là, Matthew troque sa guitare électrique pour une guitare acoustique, un son flamenco jaillit et City of delusion débute. C'est pour moi la première version en direct que j'écoute, et le son est parfait. La fin du morceau, entre guitare et batterie, donne envie de fermer les yeux, de ne plus être apte qu'à emmagasiner la force musicale. Sans nul doute, la montée en puissance intervient par Plug in baby, joué avec la fameuse guitare Kaoss Pad. Un pur moment de délire comme on aimerait pouvoir en vivre plus souvent. Après quoi, une petite pause est nécessaire et il s'agit à ce moment précis de poser un peu l'ambiance sur Forced in avant de reprendre de plus belle avec Bliss.

Puis la première surprise de la soirée, ce sont les notes au piano de Feeling good, symbole en puissance du trio. Cette chanson toujours euphorisante, seule blancheur d'Origin of Symmetry, est à sa place, et permet de lancer sur orbite la dernière petite merveille : Hoodoo. Là aussi, c'est une nouveauté en termes de direct, la partie piano est tout simplement magnifique, remaniée quelque peu comme de bien entendu par son créateur. Je retiens mon souffle, la voix de Matthew plane dans les airs jusqu'à en oublier son oxygène. Après cette période de lente plénitude, l'ultime trame du concert va me faire passer un véritable moment d'extase. Cela commence avec Invincible et ses sons si particuliers émanant de l'écran tactile. Cette chanson gagne vraiment à être vécue en direct. La mélodie perfore l'atmosphère et permet de participer à pleine voix. Puis le public ovationne les premiers accords de Supermassive black hole, chanson très dansante. Chris s'en donne à cœur joie pendant que Matthew fait des essais de son sur les enceintes. Avec Starlight, tout le monde participe, et là aussi, la voix de Matthew se change en instrument à part entière pour transpercer ma propre perception. Les éclats vocaux me donnent des frissons. J'aime de plus en plus cette chanson, et encore plus lorsqu'elle est en direct. Tout le monde tape dans les mains, les bras levés.

Pour atteindre la hauteur suprême, les deux morceaux finaux, Time is running out et Stockholm Syndrome sonnent à la perfection. Je saute dans tous les sens, je sais que c'est bientôt la fin, et ces deux chansons sont bien meilleures à ce moment précis qu'en version album. J'en prends le plus possible, mais je crois bien que ce sont les deux versions les plus réussies sur scène. Les trois anglais repartent, et attendent le rappel, pour se lancer dans la partie finale. Trois morceaux pour l'éternité. Et cela commence par LA surprise, le chef d'œuvre inattendu, MA chanson, si je puis dire, puisque c'est bien celle que j'aime le plus, toutes chansons confondues, Citizen Erased, inespérée, mais tellement magique. Aux premiers accords, je n'en crois pas mes oreilles, je me fonds dans ce monde, mes yeux laissent échapper quelques larmes. Quel bonheur. Combien de fois ai-je écouté cette chanson? Après le silence, Matthew reprend sa guitare pour remettre Muscle museum à sa plus belle place, avant de fermer deux heures si courtes mais si intenses par un Knights of Cydonia absolument génial. Au total, dix neuf chansons dont les particules collent encore à ma peau. Merci.

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