The Cure
6 mars 2008, Palacio de Deportes, Madrid
Après deux souvenirs magnifiques de concerts au Palacio de Deportes, la soirée d'hier s'annonçait plutôt bien. Je suis arrivée tard, et pourtant, j'ai réussi à être tout devant, en face du micro de Robert Smith, à quelques mètres de la scène. Parfait.
Rapidement, alors que l'enceinte est à trois quarts vide, le groupe 65 Days of Static arrive pour la première partie. Quelle belle découverte! Musique totalement instrumentale, de type "ambiance" et bande originale de films. Dans la veine des envolées de Pink Floyd, avec des beaux sons de guitares, des sons mélangés, psychédéliques et raisonnants. Je m'intègre parfaitement dans cette sensation de légèreté, malgré la gravité de leur musique. À la batterie, Robb Jonze est impressionnant par son expression. Il fait corps avec son instrument, tel un danseur, levant les bras et tournant la tête avec force à chaque soupir entre deux sons. À chaque note de piano, c'était un peu comme si mon coeur s'envolait. Le groupe est resté un peu moins d'une heure, un grand moment, fort, puissant. Un beau groupe à découvrir.
Quelques changements de matériel et réglages de sons plus tard, sur fond de ciel noir étoilé, Jason Cooper fait son apparition à la batterie. Puis c'est au tour des trois autres membres, dont le charismatique chanteur Robert Smith. Inégalable, fidèle à lui-même, naturel et réservé à la fois. Le concert commence sur les notes de Plainsong, le ton est donné. L'atmosphère en suspens est agréable, la voix de Robert Smith est toujours aussi enfantine. J'aime les effets d'échos qui se lancent dans l'immense palais des sports. Au milieu de tout ce monde, en hauteur, c'est comme si sa voix allait se suspendre dans tous les recoins du plafond, si haut, si loin.
Le concert est bâti sur un set progressif. Le tout est de rester sur la route avec le groupe. Les chansons s'enchaînent dans ce même esprit, plannant, raisonnant. Le son est excellent, la basse s'entend parfaitement. Un pur bonheur.
Puis se font entendre les premières notes de Lullaby, et là c'est l'extase. La chanson du groupe que j'ai dû le plus écouter, en boucle dans le bus. Version studio, live, acoustique, cette chanson est d'une sensualité déroutante, d'une profondeur inimaginable. En direct, elle me transperce, me prend toute entière pour me soulever. J'ai l'esprit empli de lumière, tout le monde chante autour de moi, et je sens une force incroyable. C'est le tournant du concert, le passage des sensations internes intenses à une forme d'extériorité que j'ai du mal à comprendre et à décrire.
Le temps passe sans que je puisse m'en rendre compte, les mélodies s'emboîtent à la perfection. Les images en fond illuminent le groupe, le rendant plus grand, sans trop abuser des effets. C'est sobre mais parfaitement adapté. Le juste milieu pour mettre en évidence la performance musicale. Je découvre Push en direct, en je tombe irrémédiablement sous le charme de ce rythme et de cette partition de batterie qui me prend de plein fouet. Je n'en perds pas une miette. Il n'y a qu'en concert qu'on peut ressentir cela. Des variations à chaque fois, c'est magnifique. In between days suivie de Just like Heaven nous renvoient tous dans le passé, les tubes radio planétaires de ces belles années. Tout le monde s'y retrouve et savoure ces images, un brin nostalgique. Je regarde autour de moi, les bras sont levés, les gens dansent, le public a pris vie. Après deux heures pleines d'un show à la mesure de la légende (pas spectaculaire, simplement sincère et profondément généreux), le quatuor quitte la scène sous les cris de la foule qui en redemande, et qui sait qu'elle aura droit à un second souffle.
Le premier rappel de quatre chansons laisse Robert Smith saluer son public, d'un côté à l'autre de la scène. Comme un enfant, il n'ose pas vraiment sourire, ses yeux regardent de tous les côtés pour palper le bonheur de tous ces gens, il met la main sur son coeur, timidement, pour nous dire merci.
Le second rappel est véritablement l'apothéose, avec Boys don't cry et 10:15 Saturday Night et sa ligne de guitare géniale.
Enfin le concert se ferme sur un troisième rappel inespéré, puisque toutes les lumières se rallument, et alors que tout le monde commence à se retourner pour prendre le chemin de la sortie, la salle est à nouveau plongée dans le noir. Hurlements, applaudissements et folie vont accompagner Why can't I be you? pour clore plus de deux heures trente de musique à la hauteur des espérances.
La setlist : 35 chansons, tout de même!!!!
Plainsong
Prayers for Rain
A strange day
Alt.End
The Blood
The end of the world
Lovesong
To wish impossible things
Pictures of you
Lullaby
From the edge of the deep green sea
Hot hot hot!!!
Please project
Push
Friday I'm in love
In between days
Just like Heaven
Primary
A boy I never knew
Never Enough
Wrong Number
One Hundred Years
Disintegration
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At Night
M
Play for Today
A Forest
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Three Imaginary Boys
Fire in Cairo
Boys don't cry
Jumping someone else's train
Grinding Halt
10:15 Saturday Night
Killing an Arab
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Why Can't I be You?
Par Claire musicabulle, Vendredi 7 Mars 2008 à 14:10 GMT+2 dans Reviews concerts (article, RSS)





