Muse
17 juin 2007, Wembley Stadium, Londres
Déjà cette arche élevée vers le ciel est grandiose. En entrant dans le stade, tout est propre et neuf. Prêt à ressentir quelque chose de nouveau, semble-t-il. Lorsque je passe cette porte et que s'ouvre à mes yeux l'intérieur de l'enceinte, toute de rouge vêtue, j'en ai le souffle coupé. Vingt minutes assise, à regarder cette immensité. Bouche bée. Là je me dit que le chemin parcouru en vallait la peine, sans nul doute. La scène est gigantesque, dotée de plusieurs "extensions", de deux écrans en hauteur encadrant le fond arrière, ainsi que de paraboles géantes, comme s'il allait exister une connexion avec "the zetas in the sky". Tournée Black Holes and Revelations oblige...
Les premières parties commencent. Le son est bon. Et j'ai hâte que la nuit arrive. My Chemical Romance nous offre une heure de concert d'une excellente qualité. Puissance et émotion se mélangent. L'adrénaline monte d'un cran. L'ambiance est électrique.

À 20h et des broutilles, le groupe fait son apparition par le centre du stade, sur une plateforme le faisant apparaître, comme sortant des entrailles de la Terre. Une pluie d'étoiles scintillantes suit le trio qui se dirige vers la scène, par un chemin en hauteur au milieu de la foule. Que la fête commence!
Chacun trouve sa place, les premières notes à la guitare sont celles de Knights of Cydonia. Je sais déjà que j'aurai enfin droit à Take a Bow en clôture. Le rêve.
Ma tribune est amorphe, je regarde autour de moi, cherchant désespérément un peu de mouvement. La foule paraît asphyxiée, sous le choc, immobile. Un temps d'adaptation semble nécessaire. Et je décide de me déplacer afin d'éviter l'immobilisme le temps du concert. Me voilà embarquée à un nouvel emplacement. Devant moi, un papi d'environ soixante dix ans, les yeux brillants du bonheur procuré par le spectacle, restera debout pendant les deux heures et quart. Quelques mètres plus loin, les gens sont venus en famille, avec leurs enfants, pour assister au phénomène rock de la dernière décennie. On comprend la différence entre l'Angleterre et le reste du monde. Là, le rock est une affaire sociale et profondément culturelle, qui se vit et se partage au quotidien.
Les ouvertures sont difficiles, les tribunes sont pour l'instant un peu dans l'expectative. La basse retentit pour lancer les premières notes d'Hysteria, suivie de Supermassive Black Hole, ravissant le public qui commence tout doucement à danser. La puissance s'installe avec Map of the Problematique, avant un relâchement de tension avec Forced In, comme si l'échauffement prenait fin. On se recueille, on se rend compte d'où l'on est, on regarde le ciel, autour de soi, on se détend. Le groupe se regroupe autour de la batterie de Dom, les lumières sont tamisées. Un instant sans un souffle, signe du véritable commencement de ce que sera ce concert inoubliable. Tout le monde en est pleinement conscient. Alors la guitare sonne et Sing for Absolution devient l'hymne repris par le public, désireux de commencer enfin à chanter ensemble. Restant dans l'émotion et la raisonnance de la voix de Matthew, Butterflies & Hurricanes annonce une partie piano des plus profondes. Effectivement, la force du son jaillit alors de ces touches pour me fouetter le coeur. Le piano est magique, la partie solo est acclamée.
Le premier frisson m'envahit sur Hoodoo. Je sais là que je ne m'en remettrai certainement jamais. Alors il suffit de fermer les yeux et d'écouter. Et de sentir. La petite brise s'échappe à travers le stade, une soirée à la belle étoile, un instant suspendu aux doigts d'un homme sur son piano. Immense. Alors s'ouvre Apocalypse Please, que j'attendais depuis si longtemps. Le stade chante à l'unisson "this is the end of the world", de quoi se sentir un peu plus fort. La participation du public ne s'arrêtera plus, du "Freedom is mine" de Feeling Good à Sunburn. La partie piano se termine, le magnifique instrument placé sur le devant de la scène pour la première partie du concert est reculé de quelques mètres, près de la batterie. Matthew s'empare alors de sa nouvelle guitare Kaoss PAD rouge pailletée, pour exécuter Invincible. Le solo s'apprécie et Dom est en grande forme.

Starlight dans un stade me fait penser à Radio Ga Ga et à ces images historiques de Wembley 1986. Une belle union pour les foules qui frappent dans leurs mains à l'unisson. Le concert atteint une autre dimension avec l'éternel Time is Running Out, toujours merveilleux en live. On a droit à une partie à chanter et à une partition guitare parfaite, à l'image de celle de Glastonbury 2004. New Born clôt le set avec un riff des plus parfaits. Un final en sauts et en lâcher prise attendu. Un vrai bonheur avant la pause.
Chacun reprend sa respiration et ses esprits. On sait tous que la fin approche et qu'il faudra se donner dans les quelques titres à venir. Le groupe réapparaît avec de nouveaux vêtements. Dom se place à droite, sur le devant de la scène pour une version de Soldier's Poem vibrante. La surprise arrive ensuite par la perle du concert : Unintended en version acoustique. Le stade s'éteint. Et Blackout se plonge dans un instant et un espace hors du temps. De chaque côté de la scène apparaissent des acrobates en ballon qui vont voler au-dessus du public au rythme de la voix qui monte et s'échappe par-delà les tribunes. La guitare s'envole et m'envole. Puis toutes nos bulles se rejoignent et éclatent sur Bliss pour créer une symbiose d'émotions. Les ballons blancs tournoient au rythme de la folie de la foule. Alors le groupe disparaît à nouveau, laissant présager d'une ultime bouffée d'oxygène.
Le final s'ouvre sur Plug-in Baby. Matthew s'aventure au centre du stade sur un solo flamboyant. Après quoi, Stockholm Syndrome annonce l'apothéose, toujours aussi expulsive et cathartique. Je sors tout ce que j'ai en moi sur chaque phrase. La foule est en délire, sautant comme jamais et faisant exploser dans l'espace les dernières lueurs d'énergie après plus de deux heures d'émotions.
Comme je l'espérais, la fin sur Take a Bow traduit une sensation exceptionnelle grâce à une montée d'adrénaline par la raisonnance des basses qui vibrent jusque dans mon ventre. Le doigt levé vers le ciel, la conscience d'être là refait surface par le sens profond des paroles. "You will burn for your sins", pour ne pas oublier nos utopies et nos rêves.
Pour toujours croire en nous et nous sentir plus forts. Pour nos libertés. Pour l'éternité.
Les premières parties commencent. Le son est bon. Et j'ai hâte que la nuit arrive. My Chemical Romance nous offre une heure de concert d'une excellente qualité. Puissance et émotion se mélangent. L'adrénaline monte d'un cran. L'ambiance est électrique.

À 20h et des broutilles, le groupe fait son apparition par le centre du stade, sur une plateforme le faisant apparaître, comme sortant des entrailles de la Terre. Une pluie d'étoiles scintillantes suit le trio qui se dirige vers la scène, par un chemin en hauteur au milieu de la foule. Que la fête commence!
Chacun trouve sa place, les premières notes à la guitare sont celles de Knights of Cydonia. Je sais déjà que j'aurai enfin droit à Take a Bow en clôture. Le rêve.
Ma tribune est amorphe, je regarde autour de moi, cherchant désespérément un peu de mouvement. La foule paraît asphyxiée, sous le choc, immobile. Un temps d'adaptation semble nécessaire. Et je décide de me déplacer afin d'éviter l'immobilisme le temps du concert. Me voilà embarquée à un nouvel emplacement. Devant moi, un papi d'environ soixante dix ans, les yeux brillants du bonheur procuré par le spectacle, restera debout pendant les deux heures et quart. Quelques mètres plus loin, les gens sont venus en famille, avec leurs enfants, pour assister au phénomène rock de la dernière décennie. On comprend la différence entre l'Angleterre et le reste du monde. Là, le rock est une affaire sociale et profondément culturelle, qui se vit et se partage au quotidien.
Les ouvertures sont difficiles, les tribunes sont pour l'instant un peu dans l'expectative. La basse retentit pour lancer les premières notes d'Hysteria, suivie de Supermassive Black Hole, ravissant le public qui commence tout doucement à danser. La puissance s'installe avec Map of the Problematique, avant un relâchement de tension avec Forced In, comme si l'échauffement prenait fin. On se recueille, on se rend compte d'où l'on est, on regarde le ciel, autour de soi, on se détend. Le groupe se regroupe autour de la batterie de Dom, les lumières sont tamisées. Un instant sans un souffle, signe du véritable commencement de ce que sera ce concert inoubliable. Tout le monde en est pleinement conscient. Alors la guitare sonne et Sing for Absolution devient l'hymne repris par le public, désireux de commencer enfin à chanter ensemble. Restant dans l'émotion et la raisonnance de la voix de Matthew, Butterflies & Hurricanes annonce une partie piano des plus profondes. Effectivement, la force du son jaillit alors de ces touches pour me fouetter le coeur. Le piano est magique, la partie solo est acclamée.
Le premier frisson m'envahit sur Hoodoo. Je sais là que je ne m'en remettrai certainement jamais. Alors il suffit de fermer les yeux et d'écouter. Et de sentir. La petite brise s'échappe à travers le stade, une soirée à la belle étoile, un instant suspendu aux doigts d'un homme sur son piano. Immense. Alors s'ouvre Apocalypse Please, que j'attendais depuis si longtemps. Le stade chante à l'unisson "this is the end of the world", de quoi se sentir un peu plus fort. La participation du public ne s'arrêtera plus, du "Freedom is mine" de Feeling Good à Sunburn. La partie piano se termine, le magnifique instrument placé sur le devant de la scène pour la première partie du concert est reculé de quelques mètres, près de la batterie. Matthew s'empare alors de sa nouvelle guitare Kaoss PAD rouge pailletée, pour exécuter Invincible. Le solo s'apprécie et Dom est en grande forme.

Starlight dans un stade me fait penser à Radio Ga Ga et à ces images historiques de Wembley 1986. Une belle union pour les foules qui frappent dans leurs mains à l'unisson. Le concert atteint une autre dimension avec l'éternel Time is Running Out, toujours merveilleux en live. On a droit à une partie à chanter et à une partition guitare parfaite, à l'image de celle de Glastonbury 2004. New Born clôt le set avec un riff des plus parfaits. Un final en sauts et en lâcher prise attendu. Un vrai bonheur avant la pause.
Chacun reprend sa respiration et ses esprits. On sait tous que la fin approche et qu'il faudra se donner dans les quelques titres à venir. Le groupe réapparaît avec de nouveaux vêtements. Dom se place à droite, sur le devant de la scène pour une version de Soldier's Poem vibrante. La surprise arrive ensuite par la perle du concert : Unintended en version acoustique. Le stade s'éteint. Et Blackout se plonge dans un instant et un espace hors du temps. De chaque côté de la scène apparaissent des acrobates en ballon qui vont voler au-dessus du public au rythme de la voix qui monte et s'échappe par-delà les tribunes. La guitare s'envole et m'envole. Puis toutes nos bulles se rejoignent et éclatent sur Bliss pour créer une symbiose d'émotions. Les ballons blancs tournoient au rythme de la folie de la foule. Alors le groupe disparaît à nouveau, laissant présager d'une ultime bouffée d'oxygène.
Le final s'ouvre sur Plug-in Baby. Matthew s'aventure au centre du stade sur un solo flamboyant. Après quoi, Stockholm Syndrome annonce l'apothéose, toujours aussi expulsive et cathartique. Je sors tout ce que j'ai en moi sur chaque phrase. La foule est en délire, sautant comme jamais et faisant exploser dans l'espace les dernières lueurs d'énergie après plus de deux heures d'émotions.
Comme je l'espérais, la fin sur Take a Bow traduit une sensation exceptionnelle grâce à une montée d'adrénaline par la raisonnance des basses qui vibrent jusque dans mon ventre. Le doigt levé vers le ciel, la conscience d'être là refait surface par le sens profond des paroles. "You will burn for your sins", pour ne pas oublier nos utopies et nos rêves.
Pour toujours croire en nous et nous sentir plus forts. Pour nos libertés. Pour l'éternité.
Par Claire musicabulle, Dimanche 30 Septembre 2007 à 15:50 GMT+2 dans Reviews concerts (article, RSS)





